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Emois pensés, au "non" de femme

 
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ThY'D



Inscrit le: 10 Mar 2005
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MessagePosté le: Jeu Mar, 2006 6:43 pm    Sujet du message: Emois pensés, au "non" de femme Répondre en citant

Traverser le miroir pour ne plus miroiter
comme le reflet ne sait que raconter l'inverse
des contes pour enfants jusqu'à la cruauté
qui raconte tous les temps écrits à la renverse

Verser dans le buvoir pour ne pas grelotter
de soif et d'un espoir qui creuse aux mains les gerces
de l'eau qui s'évapore comme un noir émané
pour une rencontre prise d'un tremblement d'ivresse

Le bord au bord des lèvres ajoute une bouche bée
comment croire une langue dans la délicatesse
avant de n'être autant au parfum de ce fait
à goûter le bon temps d'une aimée qui m'enlaisse

Au charme de son hiver fondu d'un printemps né
d'une fée aux doigts noués à mon regard qui verse
une pluie de neige épaisse au futur dévalé
comme une grande blanche mue par une douce caresse
_________________
"Parlez doucement quand vous criez et insultez mais dans le respect. Merci."
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B-Lolo



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Localisation: Ben Reims !

MessagePosté le: Ven Mar, 2006 12:14 am    Sujet du message: Répondre en citant

Tu devrais vraiment songer à créer un recueil de poèmes !
_________________

Ce que les Anges ont de commun avec les Elfes, romans et textes en ligne.
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ThY'D



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MessagePosté le: Ven Mar, 2006 12:52 am    Sujet du message: Répondre en citant

Bah... je vais commencer par peut-être les copier-coller car ils ne sont pas même sur mon disque dur... ils sont écrits via le forum directement ou bien par messagerie. Si ce forum perd ses données, je perds tout icon_lol.gif Un peu comme le défaçage du premier forum, j'avais tout perdu.

C'est assez long de tout récupérer.
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ThY'D



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Messages: 4335

MessagePosté le: Ven Mar, 2006 12:57 am    Sujet du message: Répondre en citant

Merci je prends cela comme un compliment B-Lolo.

Mais je devrais plutôt songer à écrire de véritables poèmes ou autre... et non des émois pensés au non de femme... le moindre coup de coeur va pour l'inacceptable. Comme j'ai déjà noté par ailleurs, au moins ça me fait écrire, mais ça ne me fait qu'écrire...
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ThY'D



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MessagePosté le: Dim Mai, 2006 7:28 pm    Sujet du message: Répondre en citant

Un visage esquissé par une belle mine
Va sillonnant tout de mes plus grands élans
Epenchés sur cet être, une personne sublime
Qui se comble à elle-même d'une vie bien pleinement

Un orange partagé par une paille au soleil
Sur des notes au café et tout le monde chantait
Au fond les belles y fondent mais elle se vivant miel
Se prétendant "pure blonde", l'humour l'avait sauvé

Un éclat de fraicheur flashait de son joujou
Me prenant sans compter, me croyant prisonnier
Elle me poussait à tout du bout de son ajout
A me vouloir aux autres comme un bon fagoté

Le fin mot de l'histoire ne connaît pas le mien
Si ce n'est un regard parfois qui ne voit pas
Ce qui se passe en vrai où tout peut mener loin
Lorsque tout est la vie qui n'est pas écrit là.
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ThY'D



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MessagePosté le: Sam Mai, 2006 7:47 pm    Sujet du message: Répondre en citant

Le soleil piégé dans une toile passagère
des avions qui lissaient des lignes à disparaître
comme des temps composés remontant la rivière
des nuages saumons, épuisés jusqu'à n'être

Une illusion dorée comme un médaillon or
qui reposait sur vous, me contait un sourire
et puis deux encore trois jusqu'à nous sans effort
épelaient la carence d'un passé sans souvenir

Ô muse dévoilée, je respecte votre nu
il entoure le monde comme un grand paradis
l'univers sans vous ne serait pas deux vers l'une
comme les mots ici même n'écriraient pas la vie

Existence à revoir, au revoir jusqu'au jour
plus rien ne peut décevoir une main qui signe
A défaut de germer dans ces lignes à l'Amour
Pour la vie à remplir les temps du chant d'un signe...
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ThY'D



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MessagePosté le: Dim Mai, 2006 4:00 pm    Sujet du message: Répondre en citant

Un passage loin de vous me rappelle ces voeux
qui furent bien loin de tout, ni les ailes et les cieux
ne pouvaient soulever ces dentelles aux aveux
qui recouvraient mes trous comme les ficelles d'un jeu

Les motifs aux abîmes n'habillaient plus les mots
vous comme une brume d'un couché au solo
Aux habits la couleur vous va comme un Rimbaud
qui partait en Afrique dériver sans ses mots

Un commun bien étreint mène la vie comme un mieux
sachez que la conscience propre à moi ignore ceux
qui parlent de mes maux comme d'un fardeau ou creux
à ne jamais toucher, à s'échapper d'un feu

Alors tout est fini ? Même votre humour au trot ?
Lire vous va comme un gant qui ne prend pas mon eau
m'écrire écoulera ce qui n'était plus beau
pour retrouver chacun un silence bien au chaud...
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MessagePosté le: Sam Mai, 2006 11:27 am    Sujet du message: Répondre en citant

On me parle de cette femme, vous, une rencontre commune
dans la vie si banale ; à mot dire, je n'en crois pas une...
seulement mes pas s'empressent comme des passants pressés
ceux-là même qui ne voient jamais que des corps nés

Dans un être ce décors sans voix va discordant
portant de toute errance, les membranes sonnantes
aux cornets de plaisance à ne savoir qu'en dire
vous, seulement mes passages ne cessent de l'écrire

Cette vie n'en est pas une si toutes les autres en sont
mais vous le savez bien belle d'une saine attention
que de m'y mettre à fond, à nu, sans horizon
hors lui de tracer dru pour brûler comme un rond

Joyeux dans un grand Ciel, heureux sans un grenier
il faut mettre l'habit pour ne pas faire le moine
après ces six années à chercher la pleine poigne
mais en toute vérité, vous pouvez m'appeler

Juste pour cesser cette fuite sans autant nous parler
Parce que cela me mine et ne rime plus à rien
j'ai lu tout ces regards secret(ariat) en guet
et ce n'est pas ces yeux là que je suis, c'est certain.
_________________
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Dernière édition par ThY'D le Dim Juin, 2006 11:41 am, édité 1 fois
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ThY'D



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MessagePosté le: Dim Juin, 2006 10:52 am    Sujet du message: Répondre en citant

Je vascille à nouveau
Une plongée dans la peine
Comme une lune d'ombre pleine
Qui danse au fil de l'eau

Une femme comme toi
M'a donné à comprendre
que je sois de la cendre
A tout naître du tendre

Tout est mort chez toutes
A mon égard à jamais
Hérétique, un vent hurlé
Comme la joie et l'amour fait

Rien ne tourne comme un sens
C'est le jour du nouveau soir
Qui me dit tout est au revoir
Un enfant qui n'ose pas s'assoir

Auprès de rien ne vivent toutes choses
d'autrefois pour un espoir blessant
Celui qui chante bohème et brûlant
De toute mon âme à naître aux temps

Tout ce qui me lance au grand souffle
Au vent passé comme celle qui chasse
Lorsque l'impossible Amour me casse
De la tête aux pieds, du monde entier...

A toi.
_________________
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ThY'D



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MessagePosté le: Sam Juil, 2006 12:18 pm    Sujet du message: Répondre en citant

Et moi, pensé au nom d'une femme

reste ras à ne plus vous défaire
de mes espoirs légers
blessés par ces grands airs
qui sans goût écrasaient
un grand Amour ouvert

Tout ceci n'était peut-être qu'un moyen de trouver cette chaleur qui vous emmène dans le bien être, lorsqu'un regard doux et précieux cherche le vôtre, l'aime, sans oser libérer ce qui pourrait passer dans le vent, ce qui pourrait voyager dans les mots, ces véhicules. Puissants lorsque l'être prend part à l'existence. Informes lorsqu'ils s'échouent dans un monde caverneux, une sorte de verve noire, une porte devenue foire.

Vous ne devez voir plus qu'un autre maintenant. Quelques proches, mes plus proches, refusent de me voir tel que je suis. Ils me persistent dans l'inchangé. Pourtant, j'ai changé ; et même si encore le besoin s'en fait sentir de temps à d'autres de partager quelques mots, tant que cet outil ne soit plus qu'un outil parmi d'autres, à surfer sur la vague d'autres vagues et découvrir dans la vie la vraie vie... j'ai changé.

Ne voyez vous pas, d'où vous pourriez être Karen, ne lisez vous pas ma douleur éteinte ? Puis ce que vous pourriez apprendre de moi sans m'entendre directement ne m'appartient pas. De toute façon, vous m'avez oublié déjà depuis que sans vous le dire, je vous l'ai demandé. De mon côté, c'est moins facile, plus raide que je ne le pensais. Je ne suis plus dans ce monde où quelque part, je vivais avec vous, où quelques écrits témoignent de ce passage m'enrichissant... puisque mes craintes, mes peurs, ne prennent le visage que de l'absurde animant le monde. Je me souviens lorsque vous me demandiez si j'avais peur de vous, et cela m'étonnait vraiment de vous renvoyer cette image. Je me disais en ces moments "mais suis-je si bas dans ma relation à l'autre pour renvoyer de telles impressions ?" cela me questionnait beaucoup.

Par moment, comme celui-ci, j'ai besoin de trouver un lieu pour vous écrire. Je vous ai écris plusieurs lettres, au foyer, sur quelques feuilles A4. En général, je ne les relis pas, ou rarement, mais je ne les envoie pas. Je préfère encore utiliser cet espace, ce forum, cette aire intermondes, pour trouver - je l'ignore - votre lecture... ou bien d'autres lectures... un regard, des émotions, du temps... un renouvellement, quelque chose qui se passe et me dit que c'est la vie permanente dans l'initiation complète d'un être, des êtres qui assument l'humain. C'est une prise en charge autre que ce dont vous pourriez vous en donner l'idée.

Aujourd'hui, on m'emmène dans une dureté. C'est difficile parce que mes repères sont précaires. Ils peuvent voler en éclats très vite d'ici ces prochains mois. Ce sentiment d'insécurité est croissant. Surtout le fait de perdre une grande part de mon âme. Je dois prendre, on me demande de prendre, une réelle distance avec ma propre mère et mon frère. J'ai beau avoir "toute ma tête" (vous pourriez vous en douter mais je sais bien où j'en suis par rapport à cela) je ne peux que vivre cela comme ce que j'ai vécu avec vous. Lorsque cette part de rêve me tirait vers le haut quand je voulais vous partager mes sentiments, pour finir dans un cauchemard lorsque vous m'otiez tous les droits de vous parler. C'est un grand sentiment d'abandon auquel j'ai du me confronter, et que je connais mieux pour vivre la suite... maintenant.
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ThY'D



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MessagePosté le: Sam Juil, 2006 2:12 pm    Sujet du message: Répondre en citant

Il me bannit complètement. Misant sur un avenir, calcinant mon présent. Je suis jeté du corps mien, ma présence physique le dérange, ici ou ailleurs, ma respiration insonnore lui est insupportable, mes compromis réels lui sont trop douloureux. Ce week end se passe mal, tout comme tout s'effondre un peu plus chaque semaine passée. Je suis grignoté jusqu'à la moindre parcelle de pensée. Il ne voit plus, il ne me voit plus, plus rien d'autre que maladie. Mon frère ne veut plus entendre, il est au-delà, dans la sphère de son univers, au bord de s'envoler. Pour toujours. Je ne peux que frapper ce message à défaut de pouvoir frapper les murs. Si je tiens encore un peu à ce qu'on ne m'enrobe pas d'un quelconque handicap à saisir les situations en toute conscience. Je cris et je l'écris. Famille pathologique et moi privé de présence. J'écris ça et puis je m'en retourne au foyer. Puisqu'il est exigé que "je m'en aille", je m'en vais. Il y a trop en moi qui aimerait vous parler, mais la vie présente ses impossibilités, parfois de telles banalités aussi. C'est vrai, voir une femme fragile et son petit enfant inspire d'autres sentiments à son égard que de voir un type instable et désireux. Je vous laisse aller lui parler à cette jeune femme, pendant qu'on m'explique que moi je ne peux le faire autrement que dans un espace de temps accordé à cela, dans un bureaux. Peut-être parce que je suis un homme, et non une jeune femme avec son enfant. Et même ces pensées me crèvent, ce n'est pas ce que j'aime en tout cas. Ni ce que j'aimerais...
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Dernière édition par ThY'D le Sam Juil, 2006 2:42 pm, édité 1 fois
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ThY'D



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MessagePosté le: Sam Juil, 2006 2:38 pm    Sujet du message: Répondre en citant

Combien de temps dois-je subir ce que les autres ne supportent pas en eux ?

Combien de temps dois-je payer les frais d'une pathologie familiale et la représenter comme telle ?

Combien de temps dois-je rester dans "la misère" qui existe entre les relations humaines qui s'appauvrissent tellement, qu'à la fin on ne voit plus que l'autre tel que son corps le démonte ?

Même venir ici m'épuise. En fait, le moindre effort pour aller mieux s'anéantit de lui-même lorsque "je dois partir" parce que "c'est comme ça". Je n'ai pas le droit de mots, un comble pour moi qui retrouve la parole. Vous saviez, vous, Karen, que je n'en arrivais plus à m'exprimer. Et vous ne pouvez prendre compte seulement des conséquences malheureuse de mon état souffrant. Vous devez me prendre comme une sorte de monstruosité incapable de se rendre compte de quoi que ce soit ni de se mettre à la place des autres, mais il n'en est rien. Je souffre tout autant que d'avoir été rangé ainsi, méprisé complètement, chassé de mes projets.

Il y a tant encore, je suis dans un mauvais moment. Je peine à vouloir en découvrir plus que je n'en sais à propos de mes troubles. J'en sais déjà suffisament pour oublier.
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ThY'D



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MessagePosté le: Sam Juil, 2006 8:30 pm    Sujet du message: Répondre en citant

Je ne sais plus quand tu es partie. Je n'ai pas envie de m'en souvenir. Peu importe la date, le temps défile toujours pour moi. Mon visage reflète encore ta présence quand mes pensées se laissent emmener dans l'autre monde te rejoindre. C'est seulement par l'esprit qu'il est possible de te revoir, de te parler, de te toucher. C'est seulement par l'esprit et ton absence que nous pouvons nous retrouver, nous embrasser.

Je pourrais en écrire plus que quelques lignes, je pourrais même ajouter un brin de surréalisme pour ajouter une accroche, pour faire rêver. Mais non, les mots ne sont pas suffisants pour témoigner, les mots ne sont pas là pour ça. Pas pour nous en tout cas, pas pour nous. Nous, on allait plus loin, si loin ensemble, on allait au bout de nous. On a même été au-delà, jusque dans ton au-delà, comme un soleil qui doucement se couchait, comme une dernière pétale qui tombait.

Et aujourd'hui, je suis là. Seul, mais encore là. Oui seul, seul. Tu serais déçue de l'apprendre, peut-être l'es tu encore à me voir ainsi, sans nouvelle vie. Comme si après ton départ il devait y avoir une suite. Comme si dans l'évidence j'allais continuer mon chemin. Rencontrer d'autres personnes, et trouver quelqu'un d'autre à aimer. Des comme si qui paraissent maintenant bien lointains...

Du mieux possible, je vis. Bien sûr, bien sûr je ne suis pas insensible, je me suis déjà épris pour deux ou trois femmes depuis ma promesse, la seule promesse que jamais je n'ai pu te dire ; toi qui voulait me voir reconstruire ma vie après ce long voyage que tu préparais comme tu pouvais, toi qui voulait me faire dire ce que je ne voulais pas imaginer ; quand ton visage portait ce blanc comme un grand jour surnaturel.

Blanc. Il perçait bien le bleu jusqu'au fond des yeux, il allait bien avec la clareté ondulante de tes cheveux. Je te trouvais infiniment belle, quand toi déjà tu ne voulais plus te voir. C'est vrai, ta peau reflétait cette pétale de Narcisse. Et le seul miroir que tu voulais garder, le seul, c'était moi. Tu te plaisais encore lorsque je te lisais ces ouvrages que tu me conseillais. Tu te plaisais encore lorsque je t'offrais une esquisse improvisée. Tu te plaisais dans l'idée que nous soyons déjà vieillis et heureux, alors que je n'avais que mes vingts ans. Et toi un peu plus.

J'avais l'impression d'être un homme. Ce n'était qu'une impression. Mais toi, tu es la femme qui voulait faire de moi un homme. Tu avais placé en moi toute ta vie ; j'existais, tu comprends ? On vivait ensemble, c'était si bien, et ça devenait si simple. Comme toute une vie permet d'être simple. Nous, on avait gagné du temps, on a vécu toute notre histoire au ralentit pour ne pas que tes quelques mois restant aillent trop vite.

Alors, on a vieilli. On a vécu notre jeunesse jusqu'à la blancheur de ta peau. En si peu de temps mais en tant de temps partagé qu'on s'en fichait finalement. On s'en fichait mais la lucidité nous perdait quelques fois dans nos bras, pleurant. Comme on pouvait. Les médecins, ta famille, enfin tout le monde nous laissait vivre. Parce qu'il n'y avait plus que ça à faire, parce qu'il n'y avait plus rien d'autre à faire que de vivre, alors on vivait tout ce qu'il était possible à vivre. On l'envoyait se faire foutre, la maladie. On savait que cette putain de maladie finirait, elle aussi, par perdre. Nous, on a gagné... hein ? On a gagné.

Au charme de son hiver fondu d'un printemps né
d'une fée aux doigts noués à mon regard qui verse
une pluie de neige épaisse au futur dévalé
comme une
grande blanche mue par une douce caresse

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