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CAFE DE PHILOSOPHIE : LA FETE ET LE JEU

 
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Auteur Message
D.Martz



Inscrit le: 05 Jan 2005
Messages: 226

MessagePosté le: Jeu Juin, 2005 11:35 am    Sujet du message: CAFE DE PHILOSOPHIE : LA FETE ET LE JEU Répondre en citant

C'est le 2 juillet au Bistrot Henri IV à Reims de 17 h à 19 h et pour lancer la réflexion, un texte tiré de l'Encyclopédie de l'Agora (sur le web) :
Au début de la décennie 1970, Jean Proulx écrit, citant J. Dumazedier puis H. Lefebvre:

«"La fête se dilue dans la vie quotidienne". L'homme d'aujourd'hui semble envahi par le mouvement insignifiant de la quotidienneté. Il ne vit plus que des débris de la fête. Au lieu de la plénitude de la fête, il rencontre souvent le vide de l'ennui. La nostalgie du style accompagne celle de fête. Car le style (comme la fête) peut réunir et organiser (forme) les éléments du quotidien (matière) et leur donner un sens. Le style et la fête apparaissent ainsi comme le langage propre à l'homme: "Notre vie quotidienne se caractérise par la nostalgie du style, par son absence et sa poursuite obstinée. Elle n'a pas de style. Il y a dégénérescence simultanée du style et de la fête dans la société où le quotidien s'établit.
Le style conférait un sens aux moindres objets, aux actes, aux gestes: un sens sensible et non pas abstrait, saisi directement dans un symbolisme."» (Jean Proulx, Le jeu, le rite, la fête, Revue Critère, no 3, janvier 1971)

Trente ans plus tard, Philippe Murray écrit:
«Hyperfestive (…) peut être appelée cette civilisation, parce que la festivisation globalisée semble le travail même de notre époque et sa plus grande nouveauté. Cette festivisation intensive n’a plus que de lointains rapports avec le festif d’autrefois, et même avec la déjà vieille "civilisation des loisirs". Le festif "classique" et localisé (les kermesses de jadis, le carnaval, etc.), comme le festif domestique assuré plus récemment par la télévision, sont désormais noyés dans le festif total, ou hyperfestif, dont l’activité infatigable modifie et transforme sans cesse les comportements et l’environnement. Dans le monde hyperfestif, la fête n’est plus en opposition, ou en contradiction, avec la vie quotidienne; elle devient le quotidien même, tout le quotidien et rien que le quotidien. Elle ne peut plus en être distinguée (et tout le travail des vivants, à partir de là, consiste à entretenir indéfiniment une illusion de distinction). Les fêtes de plus en plus gigantesques de l’ère hyperfestive, la Gay Pride, la Fête de la musique, la Love Parade de Berlin, ne sont que des symptômes de cette vaste évolution.» (Philippe Muray, Après l’histoire, Paris, Les Belles Lettres, 1999, p. 10-11)

Hyperfestivité, panludisme, pour aboutir à la promesse d'une nouvelle déception:
«Cette époque qui se montre à elle-même son temps comme étant essentiellement le retour précipité de multiples festivités, est également une époque sans fête. Quand ses pseudo fêtes vulgarisées, parodies du dialogue et du don, incitent à un surplus de dépense économique, elles ne ramènent que la déception toujours compensée par la promesse dune déception nouvelle.» (Guy Debord, Société du spectacle.)

On remarque souvent que le sens traditionnel de la Fête s'est perdu dans nos sociétés modernes; les Fêtes religieuses et patriotiques sont écartées du calendrier, quand elles ne sont pas réduites à autant de jours fériés et chômés.
Paradoxalement, la multiplication des Festivals et festivités de toute sorte envahit l'ensemble de ces mêmes sociétés et contribue souvent à rééquilibrer les fiscalités des villes et des villages qui organisent et exploitent les Fêtes dites populaires. On pourrait remarquer que plusieurs de ces manifestations de masse se réduisent trop souvent à des spectacles d'artistes professionnels devant des foules de badauds dont la participation se limite à la consommation des produits vendus sur place.
Où est passé l'essentiel de la Fête, dont le sens reposait avant tout sur l'évocation par la mémoire de faits passés ayant contribué à définir la collectivité d'appartenance? Fête-t-on encore quand on a oublié ce qu'on fête? Plus que le boire et le manger, la fête doit nourrir la mémoire et la vaillance de ceux qui, à certaines dates fixées par la coutume, s'arrêtent de travailler pour s'amuser. Sans finalité clairement formulée, la fête se dissout rapidement dans la consommation passive d'un plaisir trop court qui ne vaut pas le prix du congé et encore moins la fatigue du lendemain.
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Invité






MessagePosté le: Jeu Juin, 2005 5:25 pm    Sujet du message: Répondre en citant

Peut-on faire la fête dans une discothèque ? dans une "méga teuf" ? Une "rave party" ?
'icon_evil.gif'

La multitude tue l'humain aussi sûrement que notre modèle de consommation nourrit notre frustration.
'icon_cry.gif'

La fête pourrait être un moment où on savoure le plaisir d'être avec des personnes que l'on aime et où l'on n'a pas d'autres préoccupations que de les couver de notre attention. 'icon_biggrin.gif'

Alain Basquelpoif.
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ThY'D



Inscrit le: 10 Mar 2005
Messages: 4335

MessagePosté le: Sam Juin, 2005 8:50 am    Sujet du message: Répondre en citant

La fête et le "je"... pourrait-on préciser. Effectivement, une fête peut être source de savoir dans une ambiance joyeuse et cordiale. La mémoire mais surtout la confrontation de la mémoire à nos jours est une carence et c'est peut être cela qui "déjoue" le fond du problème. Oui, un manque que de, sans tomber dans l'amalgame, parler d'hier en relation à nos jours et formuler des "liens" entre pensées d'hier et d'aujourd'hui.

Pirouettes et cacahuètes, évidemment nos corps sous une larme de champagne ! icon_biggrin.gif
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"Parlez doucement quand vous criez et insultez mais dans le respect. Merci."
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BORIS 1974



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MessagePosté le: Ven Juin, 2005 4:20 pm    Sujet du message: Répondre en citant

Faire la fète tout le temps jours et nuits, vous pouvez pas savoir ce que ça me fatigue ! Ha comme j'aimerais me reposer un peu et...travailler ! enfin !
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