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JeanB Invité
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Posté le: Dim Fév, 2005 8:46 pm Sujet du message: Le systeme hégélien |
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Bonjour,
J'ai un commentaire à faire sur un texte de Hegel, dont le systeme me semble d'une complexité effroyable... J'ai passé des dizaines d'heures à écumer des sites web, afin de comprendre la machine Hégélienne et je dois admettre que je suis bien loin de tout saisir... Le texte en question (non disponible sur la toile), est une addition que l'on peut trouver dans l'ouvrage intitulé "La science de la logique"; J'ai posé quelques idées sur le papier, et j'aimerais votre avis, si quelqu'un connaît assez bien l'hégélianisme...
Voici le texte en question porte sur la vérité, le voici dans ses grandes lignes:
"Le problème de la vérité des déterminations-de-pensée ne peut que rarement se présenter à la conscience ordinaire, car elles semblent recevoir leur vérité seulement dans leur application à des objets données, et il n'y aurait d'après cela aucun sens à s'interroger sur leur vérité en dehors de cette application. Mais ce problème est précisemment ce qui importe. Habituellement, nous nommons vérité l'accord d'un objet avec notre représentation. Nous avons dans ce cas comme présupposition un objet auquel la représentation que nous en avons doit être conforme. Au sens philosophique, par contre, la vérité signifie accord d'un contenu avec lui-même. La signification la plus profonde de la vérité se trouve aussi en partie dans l'usage de la langue. On parle par exemple d'un vrai ami et l'on entend par là un ami dont la manière d'agir est conforme au concept de l'amitié. En ce sens, un mauvais ami est un ami non vrai, et ce qui est mauvais et non vrai, d'une facon générale, consiste dans la contradiction qui se rencontre entre la détermination ou le concept et l'existence d'un objet. D'un mauvais objet de ce genre, nous pouvons nous faire une réprésentation exacte, mais le contenu de cette représentation est quelque chose de non-vrai en soi même. Dieu seul est l'accord véritable du concept et de la réalité; Mais toutes les choses finies ont en elles-meme une non-vérité, elles ont un concept et une existence, mais qui est inadéquate à leur contenu. C'est pourquoi elles doivent aller au fondement, ce qui manifeste l'inadéquation de leur concept et de leur existence."
Voila mon brouillon, anarchique au possible et surement plein d'inépties...
La « conscience ordinaire » tend à se représenter l’objet qu’elle sait indépendamment de la représentation même de son savoir ; En effet la certitude sensible, dans son immédiateté, se contente de la qualité d’être pur de l’objet qui constitue pour elle l’essence même de sa vérité. La pauvreté du contenu de la conscience immédiate tient à sa réduction à deux termes intermédiés, le « je »-ci et « l’objet-ci » qui ne prennent leur sens que par leur mise en relation, la conscience ; La certitude du « je » qui sait passe par l’objet, et la certitude ou l’incertitude de l’objet passe par le « je ». Or le tout donné dans le savoir ne peut se résumer à de simples « déterminations » objectives car si cette connaissance nous apparaît comme la plus « vraie » en raison de sa proximité avec « l’ob-jet » (« devant » elle), ce dernier relève du subjectivisme, car de la « représentation », du point de vue partiel du sujet tributaire de l’espace et du temps.
Pour Hegel, la vérité ne se trouverait donc pas dans l’être statique donné mais dans la transition de l’être vers le néant et du néant vers l’être : Le vrai se « manifeste » lorsque toutes ses déterminations ont été déployées dans le réel (« elles doivent aller au fondement ») sous la forme d’une logique dialectique censée réaliser l’adéquation absolue « du concept et de l’existence » de la chose, « l’accord du contenu avec lui-même ». Le philosophe allemand entend bien faire comprendre à son lecteur qu’il se n’agit pas seulement de voir la vérité comme « l’accord d’un objet avec notre représentation », mais bien comme la non-contradiction « qui se rencontre entre… le concept et l’existence » de ce même objet, vérité qui ne se manifestera que lors de l’avènement de l’Idée pure (le contenu tel qu’il est dans son essence avant la création des « choses finies » par le « Dieu » hégélien, « accord véritable du concept et de la réalité »). Bien que le penseur aurait refusé toute sacralisation de son système, on peut toutefois faire allusion au Dieu chrétien : Ce dernier « dit que la lumière soit, et la lumière fut ». « Le contenu » « non vrai en soi même » d’une chose ne demande qu’à germer, par dépassements successifs de ses contradictions non pas de façon anarchique, mais obéissant aux lois de la dialectique, qui se veut nouer réel et rationnel.
J'ai également quelques questions, auxquelles mes recherches ne m'ont pas permis (jusque là) de répondre:
Si la dialectique permet le dévoilement de la vérité, en faisant coincider l'essence et l'existence (j'ai lu sa démonstration: Il y a de l'essence dans l'être, et vice versa), Hegel ne présuppose-t-il pas l'idée d'un Dieu créateur, à l'origine de l'essence des choses?
"la Phénoménologie de l'esprit fait suivre un cheminement dialectique qui, à son terme, montre que la totalité de l'objet est devenue intérieure au sujet, autrement dit que le sujet s'est dilaté jusqu'à contenir la totalité de l'objet", je suis bien conscient qu'il s'agit là de la clé du système Hégelien, mais "le sujet s'est dilaté jusqu'à contenir la totalité de l'objet": S'agit-il ici de l'Etat Mondial? de la fin de l'Histoire? Les choses ont épuisé l'ensemble de leurs potentialités dans le réel via une longue série de dialéctique, certes, mais de quoi releve alors cette "union", entre l'objet et le sujet?
J'aurais également besoin d'un éclaircissement au sujet d'une phrase que j'ai rencontré au fil de mes recherches "La vérité comme sujet"
Merci beaucoup, car je dois avouer que je ne me sens pas de taille à affronter cette philosophie... Et pourtant, le marxisme me semble d'une limpidité à tout casser...
Jean |
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Jeanb Invité
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Posté le: Dim Fév, 2005 8:54 pm Sujet du message: |
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Une dernière chose:
"la logique de Hegel ne commence pas avec l'être, qui n'est là que pour disparaître aussitôt, mais avec le processus – la médiation par la pensée –qui brise l'immédiateté de l'être et conduit à la scission entre le sujet et l'objet. Cette négation de l'être est l'émergence de l'essence. Celle-ci à son tour sera niée par le concept, qui assure la «réconciliation» du sujet et de l'objet. "
Or, dans le texte, je lis: "elles ont une existence... qui est inadéquate à leur concept" : Comment l'existence pourrait-elle inadéquate à leur concept dans la mesure où avec ce dernier se réalise justement "la réconciliation" du sujet et de l'objet?
J'ai peur de ne pas saisir le sens du mot "concept", s'agit-il de la chose en soi coincidant parfaitement avec la représentation que nous avons de la chose en soi, ou de l'essence de la chose en soi coincidant avec son etre propre? Bonnet blanc et blanc bonnet? Pourtant, comment le sujet peut-il connaitre effectivement l'être de la chose? C'est ce que Hegel s'attache à démontrer? Aie Aie Aie... Je suis complétement paumé !! J'y met de la bonne volonté, mais là... |
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Lai Invité
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Posté le: Mer Mar, 2005 1:10 am Sujet du message: |
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Cher Jean,
Ton texte est louable je t'avoue avoir écrit une tartine mais qui s'est effacée avant d'etre mis on line
Donc voici un résumé de ce que je veux te dire car je n'ai pas le courage de tout réécrire
Ecrire sur un texte aussi compliqué doit être un signe pour toi de ce que ce texte lui même signifie
Peux-tu incarner ton texte dans ton désir de l'ex-poser et de t'ex-poser?
Chercher à comprendre ce que disent ceux qui sont supposés savoir -et dont Hegel en est un haut représentant- est un signe pour notre désir et notre savoir
Tu ex-pose ton commentaire en une déclamation un peu lourdingue faut bien l'avouer ( on le serait à moins) de ce qui est tout simplement le processus dialectique tel que le concoit HEGEL mais en quelle mesure éclaires-tu le texte choisi?
Ce désir de comprendre et le désir de (se) montrer que l'on a compris ne veut pas encore dire que l'on a compris !
Je te recommande à tout hasard ce lien qui éclaire bien d'une manière synthétique et pédagogique le sens de la Logique chez Hegel
http://www.ac-reunion.fr/pedagogie/philo/LogHegel.htm
Je reconnais dans ton propos l'essence de ton propos à travers ce texte obscur dont tu te fais l'obscur chantre pour révéler en tant qu'obscur la clarté
Je t'avoue qu'en toi je me reconnais moi-même Même désir de comprendre ce qui est reconnu (par la communauté) et par là se faire reconnaitre soit pour connaitre ce qui est si reconnu (par la communauté) ou pour etre (seulement) reconnu comme ayant compris ce qui était supposé etre à comprendre et par là y trouver sa seule pitance
Cette démarche qui est ta démarche et ma démarche est une démarche de quelqu'un en manque et en désir , et dont la manifestation occasionnelle ( un texte à expliquer) révèle ce manque comme manque Et ce manque de reconnaissance alors s'élève comme manque de tout manque ,Le manque en Soi la pure incomplétude le pur non Savoir fondé en Dieu seul
S'attaquer à un texte aussi ardu montre en nous le manque de connaissance de l'en-soi connu et dont le désir de combler ce manque est révélé dans cette tentative de compréhension même
Alors pour faire court je dirais ceci du texte en partant de son coeur que je cite
" Habituellement, nous nommons vérité l'accord d'un objet avec notre représentation. Nous avons dans ce cas comme présupposition un objet auquel la représentation que nous en avons doit être conforme. Au sens philosophique, par contre, la vérité signifie accord d'un contenu avec lui-même"
Le débat est bien de dire que ce qui est vrai n'est pas le réel en tant qu'il corresponde à ce que je me représente de lui ou son concept mais le vrai est l'adéquation pure du contenu avec lui même
L'exemple de l'amitié qui suit je crois doit éclairer définitivement le propos
L'ami est vrai non pas en tant qu'il se comporte tel qu'on s'attende et vérifie qu'il se comporte ( loyal, fidèle,là etc...) mais il est vrai en tant qu'il révéle EN TANT qu'ami l'amitié
Comment pouvons-nous re-connaitre en un ami l'ami si nous ne connaissions pas au préalable ce qu'amitié veut dire
Donc le contenu de l'amitié est déjà connu par nous pour que nous puissions par-ailleurs le reconnaitre dans celui qui se présente à nou s comme ami ( on ne peut distinguer le rouge si nous ne savions déjà ce qu'est le rouge sinon comment le reconnaitrions nous?)
C'est pourquoi Hegel dit que seul Dieu qui fonde les contenus est l'accord véritable du concept et de l'existence Car Dieu est celui par qui la notion même d'accord est possible ( ce contenu ultime qui fait de toute reconnaissance une re-connaissance) C'est parce que dieu est accord entre un concept et son existence que tout accord d'un concept à une existence est possible
Toute re-connaissance trouve dans son trait d'union Dieu comme Lien qui fonde tout savoir
Ceci dit ce qui est intéressant c'est de comprendre le faux ami
Le faux ami présente, montre la contradiction entre le concept qui existe en nous de l'amitié et de la personne existante qui l'incarne.
Mais le concept de faux ami en tant qu'il montre cette contradiction devient de concept d'une contradiction ,contradiction d'un concept!
Le faux ami est aussi l'ami non vrai et le non vrai en tant que non adéquation du concept à l'existence est voué à un mouvement dynamique de transformation jusqu'à ce qu'il y ait à nouveau accord et installation dans la vérité à savoir le contenu qui se vérifie lui-même
Tout ce qui est inadéquation et donc non vérité est non fondé en Dieu qui est pure adéquation pur accord , l'accord par excellence
Or dit Hegel et citons donc la fin de son texte :
" toutes les choses finies ont en elles-meme une non-vérité, elles ont un concept et une existence, mais qui est inadéquate à leur contenu. C'est pourquoi elles doivent aller au fondement, ce qui manifeste l'inadéquation de leur concept et de leur existence."
Les choses finies en tant qu'elles révèlent par devers elles mêmes ce qu'elles incarne plus ou moins bien ( l'amitié en l'ami précède tout ami et survivra à tout ami et qui est l'amitié en soi ) doivent faire appel à leur fondement qui les rend possibles comme telles et percevables comme telles qui est Dieu Accord et Vérité Source de tout contenu et de tout contenu- existant-en-accord- indéfiniment-en-soi-par-soi source de tout concept et profondément Vrai c'est à dire en non contradiction
Donc Jean pour moi je re-connais dans ton intérêt à traduire un texte aussi ardu, à la fois le manque , qui engendre le désir de comprendre et de se comprendre et de partager tout à la fois comme tel
Le fait d'y parvenir plus ou moins est porté par le manque lui-même Le chemin vers plus de clarté en est porté sans jamais pouvoir y demeurer définitivement car ce Vrai là il est en Soi tout Autre inaccessible seulement pour nous et par nous montré
Donc ce texte résumé d'une tartine à évitér n'en est pas moins de ma part une ratatinée dans laquelle je ne sais si j'ai rencontré, t'ai ou ai appris un peu mais quand même tu m'as porté à aller vers plus de clarté Merci de cette opportunité |
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Lai Invité
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Posté le: Mer Mar, 2005 1:51 am Sujet du message: |
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Pour répondre brièvement à tes questions je dirais ceci:
"Hegel ne présuppose-t-il pas l'idée d'un Dieu créateur, à l'origine de l'essence des choses? " Il ne le présuppose pas il le déduit comme nécessaire de la phénoménologie de L'Esprit même
c'est la nature du processus de connaissance en soi d'existence et d'essence qui postule le fondement appelé Dieu ( mais qui ressemble plus au Logos qu'au Dieu Chrétien d'où d'ailleurs le mot Logique )
"le sujet s'est dilaté jusqu'à contenir la totalité de l'objet": S'agit-il ici de l'Etat Mondial? de la fin de l'Histoire? Les choses ont épuisé l'ensemble de leurs potentialités dans le réel via une longue série de dialéctique, certes, mais de quoi releve alors cette "union", entre l'objet et le sujet?
Une utopie disons? Un Dieu Panthéiste qui est tout et comprend tout et dont toute partie est Dieu Une non contradiction parfaite un pur monde parfait Une communauté des Fins aurait dit Kant sans doute
Comment l'existence pourrait-elle inadéquate à leur concept dans la mesure où avec ce dernier se réalise justement "la réconciliation" du sujet et de l'objet?
Il s'agissait d'existence de choses finies qui s'opposent au concept lui même infini ou en soi
J'ai peur de ne pas saisir le sens du mot "concept", s'agit-il de la chose en soi coincidant parfaitement avec la représentation que nous avons de la chose en soi, ou de l'essence de la chose en soi coincidant avec son etre propre? Bonnet blanc et blanc bonnet? Pourtant, comment le sujet peut-il connaitre effectivement l'être de la chose? C'est ce que Hegel s'attache à démontrer?
Je crois que concept signifie la chose existante en non contradiction c'est à dire la chose vraie dont le contenu et l'etre son adéquat ,
Connaitre l'etre de la chose c'est soi même devenir Dieu car en non contradiction la chose en soi ne peut être connue par nous même fini L'etre de la chose est son accord parfait en soi pour nous , accord de nous avec la chose en nous pour nous connu comme immédiat et immédiatement connu Evidence et vérité
Bref L'etre de la chose peut etre approché par chacun, comme maintenant dans cette discussion, mais loin d'être même approchée en soi
Oui l'histoire de l'Esprit nous permet de connaitre beaucoup plus en moisn de temps , l'adn porte notre mémoire, les espèces évoluent et le monde aussi mais est-ce vers une fin? Est-ce un progrès ? même dialectique? |
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Invité
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Posté le: Mer Mar, 2005 6:08 pm Sujet du message: |
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Question de méthode
Le texte n'est pas aussi difficile qu'il paraît. A mon sens, il faut d'abord le "coller", s'installer dans la logique et la problématique de l'auteur avant tout commentaire, le travailler de l'intérieur. La tentation est souvent de vite en sortir avec le risque de le déformer. Votre commentaire est pertinent mais il introduit des notions comme "la pensée sait", "pauvreté de la connaissance ordinaire", etc. qui ne sont pas dans le texte, ni dans l'idée et qui peuvent introduire des biais.
Pour les questions
Hegel, plutôt que présupposer Dieu, pose l'Esprit (1ère question). Pour Hegel tout est posé, jamais présupposé.
Celui-ci se réalise dans sa plénitude dans l'Etat prussien, réel/rationnel (2e question), fin de l'Histoire (Fukuyama est hégelien, Marx moins et pourtant...).
La vérité du sujet ? |
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Invité
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Posté le: Ven Mar, 2005 2:05 pm Sujet du message: Jean |
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| Merci pour la pertinence de vos réponses, je vois que j'ai beaucoup de choses à méditer... Je vous tiendrai au courant quant à l'avancement de mon travail ! |
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Invité
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Posté le: Ven Mar, 2005 2:19 pm Sujet du message: |
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Pour en revenir à la méthodologie, je veux surtout acquérir une vision synthétique du système hegelien... Que le texte soit facile à commenter ou pas, je ne veux pas me contenter de "coller au texte", au risque de laisser passer des notions qui n'ont peut être rien à voir, mais qui me permettraient de mieux cerner la philosophie de Hegel. Après tout, la note m'importe peu (au grand damn de mon prof de philo et de ses exigences quant à la méthode), c'est surtout la frustration de constater que la logique de l'auteur me paraît abordable à condition de définir au préalable les termes utilisés... "Idée", "Concept", etc. chez Hegel ne correspondant pas au sens que le langage courant leur donne aujourd'hui.
Laï, si tu le veux bien, pourrais-tu apporter quelques corrections à ce que j'ai retenu (très modestement) de la façon dont Hegel voit la relation sujet-objet? (mon prochain post, d'ici... 1h ou 2h j'imagine)? |
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Jean Invité
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Posté le: Ven Mar, 2005 2:21 pm Sujet du message: |
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| Oups, les deux derniers post sont de moi, "Jean", qui n'ai toujours pas fait l'effort d'enregistrer un compte... Shame on ME |
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Jean Invité
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Posté le: Ven Mar, 2005 2:54 pm Sujet du message: |
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Très simplement, en toute modestie, n'en déplaise aux hegeliens pour qui cette vulgarisation sonnera comme une odieuse trahision...
Hegel semble être le premier à avoir mis en lumière le principe d'intentionnalité de la conscience tel qu'il sera developpé par Husserl...
L'objet ne peut pas être consideré indépendamment du sujet (opposé au dualisme kantien objectivité-subjectivité), de même que le sujet ne peut pas être consideré indépendamment de l'objet; J'ai lu la démonstration dans un "que sais-je", je semble avoir saisi les raisons du pourquoi et du comment.
Il n'y a pas de vérité en soi, hors du sujet, mais une vérité pour-soi, vérité qui n'est pas donnée immédiatement mais dans le savoir d'un sujet concret, d'où le "c'est précisemment ce qui importe" (en référence au texte proposé dans mon premier post).
La conscience manifeste le désir (maladroit, mais bon, soyez indulgent) de saisir l'être de l'objet immédiatement; Or l'en soi de l'objet n'est pas accessible à la conscience directement;
Par un retour sur soi de la conscience qui trouve dans son objet que son savoir ne correspond pas à l'objet, s'opère une conversion de la conscience elle-même: l'en-soi de l'objet (en-soi: ensemble des possibilités de determination de l'objet dans le réel, la "graine") devient un être-pour-la-conscience de l'en-soi de l'objet;
L'être-pour-elle de cet en-soi de l'objet (ou essence) est sa "vérité" du moment (dans la mesure où le savoir n'est pas statique mais réformable);
A ce stade, nous avons donc deux objets: L'en-soi de l'objet et l'être-pour-la-conscience de cet en-soi; Il s'est ainsi opéré un mouvement dialectique qui est venu briser l'être de l'objet (qui a été totalement "nié") pour faire surgir l'essence du nouvel objet (ou être-pour-la-conscience de l'en-soi en apparence phénoménale, mais pas en profondeur, puisque l'essence contient quelque chose de l'en-soi du premier du premier objet); On est passé de l'être à l'essence de l'objet; L'essence nierait l'être de l'objet tout en conservant quelque chose de son en-soi, d'où la fameuse expression "le faux est un moment du vrai".
Je poste déjà ça, j'ai peur d'un bug à la con... |
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Jean Invité
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Posté le: Ven Mar, 2005 3:37 pm Sujet du message: |
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La suite...
Au fil des experiences faîtes sur l'objet, ces mouvements dialectiques seront amenés à leur terme: En d'autres termes, l'etrangeté de l'objet et ses négations successives par la conscience (la pensée comme médiation entre le sujet de l'objet) n'auront plus raison d'avoir lieu;
Le véritable être-en-soi de l'objet coincidera avec l'être-pour-la-conscience de l'en-soi de l'objet (qui perdra donc cette qualification); Parle-t-on alors du concept ou de l'idée?
Conclusions que l'on pourrait tirer de ce raisonnement (si toutefois il s'avère "juste" et non pas vrai, pour éviter tout mauvais jeu de mots) dans le cadre du texte proposé:
"Habituellement nous nommons vérité l'accord d'un objet avec notre représentation" (implicitement: contre la pensée héritière de Saint Augustin): Il n'y a pas de vérité en soi, en dehors du sujet ("la vérité comme sujet"), mais bien une vérité "pour-soi", réformable car dynamique (par mouvements dialectiques successifs) jusqu'à l'idée absolue (cf: "elles doivent aller à leur fondement").
"Le faux est un moment du vrai", dont toute vérité partielle n'est pas fausseté mais contenant les germes de la vérité en soit.
"l'inadéquation de leur concept et de leur existence": Le faux être-là de l'objet n'a rien de contradictoire par nature mais bien comme moment du processus dialectique; La vérité serait l'ensemble de ces moments contradictoires.
Ca n'a l'air de rien, mais j'ai passé des dizaines si ce n'est des vingtaines d'heures à potasser des bouquins en tout genre sur le sujet...
Si quelqu'un pouvait me reprendre point par point en m'expliquant "simplement" mes erreurs, et en définissant encore plus simplement le vocabulaire Hégélien (en partant de 0: en-soi, pour-soi, essence, être, être-pour-la-conscience, concept etc.), ma gratitude le flatterait jusqu'à la fin de ses jours...
En vérité, le prof nous a donné deux sujets, au choix... La dissert est plus facile en apparence, mais j'ai trop d'orgueil pour renoncer à ce texte, sous pretexte que la signification des termes utilisés me fait défaut... Y'a bien un bouquin sur amazon "le vocabulaire hégélien", mais j'ai peur d'être livré trop tard! Wikipedia contient aussi divers articles sur Hegel, et propose des définitions: "Le concept est ce qui est libre, en tant qu'il est la pure négativité de la réflexion de l'essence en elle-même ou la puissance de la substance" Pour un néophyte, ca ne fait pas avancer le schmilblik comme dirait l'autre...
Ah ce Hegel m'en aura fait voir, qu'elle que soit l'issue de tout ce bavardage...
Encore une fois, Merci de l'intérêt que vous portez à ce devoir! |
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Jean Invité
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Posté le: Ven Mar, 2005 4:00 pm Sujet du message: |
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Une derniere chose:
| Citation: | | Je t'avoue qu'en toi je me reconnais moi-même Même désir de comprendre ce qui est reconnu (par la communauté) et par là se faire reconnaitre soit pour connaitre ce qui est si reconnu (par la communauté) ou pour etre (seulement) reconnu comme ayant compris ce qui était supposé etre à comprendre et par là y trouver sa seule pitance" |
J'avoue que je pêche par orgueil et que j'entrerais plutôt dans la seconde catégorie... Mais au delà de cette reconnaissance, la gymnastique des neurones rend l'oisiveté encore plus délicieuse... Comme une cigarette après une crise de nerfs... (propos tendancieux et qui plus est, susceptibles d'éloigner ceux qui pourraient m'apporter leur lanterne... mais bon, après tout, jeune et con comme dirait l'autre)
[/quote] |
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Jean Invité
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Posté le: Ven Mar, 2005 5:56 pm Sujet du message: |
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Rectification, Saint Thomas D'Aquin, et pas Saint Augustin... J'ai une bonne grippe, ne m'en voulez pas...
"On définit la vérité par la conformité de l'intellect et du réel; Connaître cette conformité, c'est donc connaître la vérité" Somme théologique, 1266-1273 |
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LogoMachine Invité
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Posté le: Sam Mar, 2005 1:00 am Sujet du message: |
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M'excusant par avance de ce que je vais avancer je m'avance tout de même.
De prime abord, nonobstant les conclusions et dévelopements Hégélien qui partant d'une méthodologie syncrétique plus que synthétique à mon avis il peut être intéressant d'utiliser de nouveau la démarche plutôt que de tenter de la suivre dans ses dévelopements.
Les points sur lesquels Hégel pas plus que tout autre et tout un chacun y compris, ne peut, à mon sens, qu'achopper, sur la dimension culturel des matériels utilisé.
Que l'on compile de la logique, de la dialectique, et suivant la démarche Hégélienne telle que je la comprends, tout ce qui se trouve avant pour en tirer une synthèse, on ne pourra qu'observer des objets déjà décrit et des modèles axiomatique qui portent en eux, au pire, leur propre inconsistance, au mieux, une consistance limité à leur axiomatique (cf.: logique).
De ce développement, nous ne pouvons qu'éliminer les contradictions au fur et à mesure que nous intégrons les différents axiomes des systémes que nous considérons afin de reconstruire un objet que nous connaissons déjà qui n'est pas une vérité, la vérité n'est qu'une phase intermédiaire de la progression, mais la réalité qui seule possède l'attribut de l'unicité propre à la divinité.
Considérant ce second développement nous ne pouvons que conclure à la progression possible de la connaisance qui par sa mécanique nous renvoie à notre propre inconaissance ou inconscience.
De cette confrontation d'une part à une culture dont nous sommes les constructeurs et au néant limite de nos perception ne peut qu'apparaître la réalité de nos limite et de notre incompréhension.
Ce troisième développement est libérateur dans le sens ou la prise de conscience de cette limite nous permet d'apprécier le fait que notre conscience s'en trouve élargie et d'autre part que cette nouvelle compréhension nous permet d'aprécier le fait que cette progression va nous permettre d'apréender les limites des objets que nous examinons en accord avec la méthodologie Hegelienne, objet lui-même sujet de l'examens susdit, nous faisant entrer dans un mécanisme dynamique qui n'est après tout qu'un aspect limité de la réalité, fut-elle humaine à laquelle nous nous confrontons.
De ce contexte on ne peut, à mon sens, que retenir l'idée du dévelopement/progression de la conscience et s'interroger sur les choix que nous serons amené à considérer afin de continuer sur cette voie. |
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Logohumain Invité
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Posté le: Sam Mar, 2005 1:20 am Sujet du message: |
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| Très intêressant ! Et avec des mots qui se trouvent dans mon cerveau ça donne quoi ? |
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Lai Invité
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Posté le: Sam Mar, 2005 3:00 pm Sujet du message: |
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| De la tête pressée voire de l'andouillette |
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